En comprenant la signification de ces coutumes, vous pourrez profiter de la fin d'année et du Nouvel An à Kyoto d'une manière plus profonde et plus riche.
- Réveillon du Nouvel An à Kyoto : pèlerinages à Okera et sonnerie des cloches le soir du Nouvel An
- • De la fin de l'année au nouvel an ── Nouilles soba au hareng et thé Daifuku
- • Saveurs de Kyoto pour le Nouvel An : soupe miso blanche et hanabiramochi
- Tenue du Nouvel An : sapin et décorations du Nouvel An
Réveillon du Nouvel An à Kyoto : Pèlerinage d'Okera et sonnerie des cloches
La nuit du Nouvel An, après le dernier rituel shintoïste de l'année, le festival Joyasai, qui se tient au sanctuaire Yasaka, une lanterne installée dans l'enceinte du sanctuaire est allumée avec le « feu d'okera » qui brûle toute la nuit. L'acte de vénération accompli pour recevoir ce feu est appelé « pèlerinage d'okera ».
L'okera est une plante médicinale de la famille des Astéracées. On lui attribue depuis longtemps le pouvoir de chasser les mauvais esprits car elle dégage un parfum unique et puissant lorsqu'elle brûle.
Des feux de joie Okera sont allumés la nuit du Nouvel An. Des pèlerinages Okera peuvent être effectués au sanctuaire Yasaka ainsi qu'au sanctuaire Kitano Tenmangu.
La flamme des lanternes, remplies d'atractylodes blancs et de bois de goma, est transmise à une corde à feu (corde porte-bonheur) et emportée à la maison. On l'utilise alors pour allumer l'autel ou pour préparer l'ozoni (soupe du Nouvel An), afin de prier pour la santé et la sécurité durant l'année à venir. À Kyoto, la tradition veut que l'on voie des gens marcher en enroulant la corde autour du feu pour l'empêcher de s'éteindre. La corde à feu restante est conservée dans la cuisine comme un talisman protecteur contre les incendies.
À mesure que la nuit avance, on entend le son des cloches du Nouvel An. La plus célèbre est celle du temple Chion-in, où 17 moines font sonner une grande cloche en criant « Eeei hittsu » et « Sore ! », mais des cloches sonnent dans tout Kyoto, qui compterait environ 1 700 temples.
Le son des cloches résonnant dans la nuit silencieuse et leurs échos persistants se mêlent à l'air frais, donnant l'impression que la nouvelle année approche discrètement.
De la fin de l'année au nouvel an - Soba au hareng et thé Daifuku
Quand on pense aux soba de Kyoto, on pense souvent aux soba au hareng. Un bol de soba garni de hareng séché bouilli, sucré et épicé, est un plat incontournable du réveillon du Nouvel An à Kyoto. Mais pourquoi du hareng à Kyoto, une ville si éloignée de la mer ?
À une époque où la distribution était limitée, le poisson séché, comme le « migaki-nishin » (hareng séché) importé d'Hokkaido par les navires Kitamaebune, constituait une précieuse source de protéines pour les habitants de Kyoto, qui peinaient à se procurer des fruits de mer frais. Grâce à sa facilité de conservation, il s'est profondément ancré dans la culture culinaire de Kyoto et est utilisé comme ingrédient dans les obanzai (plats traditionnels japonais).
Le nishin soba est né à l'époque Meiji et aurait vu le jour chez Matsuba, un restaurant de soba situé à côté du théâtre Minamiza dans le quartier de Gion.
Boire du thé « Oofukucha » au début de la nouvelle année est une coutume propre à Kyoto.
Ce thé, composé de prunes marinées et d'algues noueuses, est considéré comme un porte-bonheur depuis l'Antiquité. On dit qu'il apporte chance et bonne santé pour l'année, et sa légende s'inspire de l'histoire de Kuya, un moine du temple Rokuharamitsu-ji, qui aurait apaisé une épidémie à Kyoto durant l'époque Heian en servant une infusion médicinale aux prunes marinées.
Saveurs du Nouvel An à Kyoto : soupe miso blanche et hanabiramochi
Le matin du Nouvel An, un doux parfum de miso blanc s'échappe de la cuisine. Le zoni se décline sous différentes formes selon les régions, mais à Kyoto, la version classique est un zoni à base de miso blanc, composé de gâteaux de riz ronds bouillis, de pommes de terre, de radis daikon et de carottes rouges.
Cette soupe est épaisse et onctueuse comme un potage. Le miso blanc sucré et les ingrédients mijotés s'associent pour créer un ozoni raffiné et savoureux, facile à digérer.
La teinte rose pâle légèrement translucide du Hanabiramochi évoque la gaieté du Nouvel An.
Il existe aussi des douceurs porte-bonheur pour le Nouvel An qui utilisent la saveur du miso blanc. Parmi celles-ci, on trouve les « Hanabiramochi (Hishi-hajimemochi) », préparées en enveloppant de la racine de bardane mijotée dans du miel et de la pâte de miso blanc dans du gyuhi ou du habutae mochi moelleux, puis en le pliant en forme de croissant.
Ses origines remontent à la « cérémonie de durcissement des dents », une tradition du Nouvel An célébrée à la Cour impériale durant l'époque de Heian. Cette cérémonie consistait à consommer des kagami mochi (gâteaux de riz), du radis daikon, de l'oshiayu (poisson-chat salé), des mandarines et d'autres aliments afin de fortifier les racines des dents et de prier pour la longévité. Les mets utilisés lors de cette cérémonie ont donné naissance à un gâteau de riz appelé « hishi hanabira », à l'origine du hanabira mochi.
Tenue du Nouvel An : Sapins et décorations du Nouvel An
En vous promenant dans Kyoto entre la fin de l'année et le Nouvel An, vous remarquerez des sapins suspendus aux avant-toits des maisons. Ce sont des décorations de Nouvel An appelées « nehiki no matsu » (sapins avec leurs racines encore attachées), ornées de papier japonais et de cordes rouges et blanches « mizuhiki ».
La décoration d'entrée la plus courante à Kyoto pour le Nouvel An est le « Nehiki no Matsu », qui serait à l'origine du Kadomatsu.
Les racines restent attachées car elles représentent le souhait que l'arbre garde ses racines enracinées et continue de croître. Elles sont considérées comme un symbole de vitalité et servent traditionnellement de lieu d'accueil pour le dieu du Nouvel An.
Sa ramification naturelle lui donne une apparence beaucoup plus modeste qu'un kadomatsu, mais elle possède une beauté digne, parfaite pour accueillir discrètement la nouvelle année.
Les décorations du Nouvel An, comme les sapins, les guirlandes de shimenawa et les ornements de sangle dorsale (urashiro), ont chacune leurs propres origines et sont porteuses de vœux. Ces décorations, discrètes et sans prétention, sont néanmoins essentielles pour célébrer dignement le passage à la nouvelle année.
Texte d'Erina Nomura
Erina Nomura
Écrivaine vivant à Kyoto. Après avoir obtenu son diplôme universitaire, elle a travaillé dans une société de production active dans divers médias, dont l'édition, la publicité et le web. En 2020, elle s'est installée à son compte et travaille désormais en freelance. Ses centres d'intérêt incluent l'artisanat, la culture traditionnelle, l'art de vivre et les voyages. Correspondante à Kyoto pour Premium Japan, elle couvre l'actualité de Kyoto dans la rubrique « Actualités de Kyoto » du blog de la rédaction.
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